publication de Knowsoil

Knowsoil, l’outil de choix de pratiques agricoles, en fonction des enjeux de préservation des sols, est dorénavant disponible en sept langues.

 

il est disponible sur le lien suivant : Knowsoil

 

 

Outil de choix de pratiques agricoles

Knowsoil, un outil pour adapter ses pratiques agricoles

 

 Le projet de recherche Catch-C, dont l’objectif est d’identifier les    « meilleures pratiques agricoles » (BMPs), celles qui, dans un    contexte donné, permettent de concilier productivité des cultures,    qualité des sols et limitation du changement climatique. Pour    identifier ces pratiques, nous avons rassemblé les résultats de la grande majorité des expérimentations de long terme sur les sols en Europe. Ces résultats sont agrégés et rendus disponibles   sous forme d’un outil d’aide à la décision, KnowSoil.
Localisation des expérimentations de long terme dont les résultats sont insérés dans la base de données de Catch-C
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 KnowSoil est constitué de deux parties. La première partie (« évaluer une pratique ») montre les effets de différentes BMPs sur les indicateurs sélectionnés par l’utilisateur. Ces indicateurs comprennent la productivité des cultures, la qualité du sol (chimique, physique et biologique) la séquestration du carbone et les émissions de gaz à effet de serre. Une modulation par des facteurs locaux (climat, texture des sols, type de culture, profondeur de prélèvement et durée d’application des pratiques) sur les effets de chaque pratique sont également disponibles, avec pour seule limitation la couverture géographique des expérimentations.
 La seconde partie (« Trouver une pratique pour atteindre votre objectif ») propose un classement des BMPs sur des critères de qualité des sols, productivité des cultures et/ou limitation du changement climatique, au choix de l’utilisateur. Chaque BMP est accompagnée d’une fiche descriptive, qui résume les principaux résultats de Catch-C. Il faut toutefois bien tenir compte du fait que les résultats présentés ici reposent sur des tendances estimées sur l’ensemble des données. L’effet d’une pratique sur un élément précis sera toujours influencé, parfois fortement, par des facteurs locaux tels que le type de culture, le système cultural, le type de sol, la profondeur de labour, le matériel employé etc.
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En complément, pour chaque pratique analysée, rotation, cultures intermédiaires/engrais verts, enfouissement des résidus de récolte, non labour, techniques culturales simplifiées, utilisation d’engrais organiques (lisiers, fumiers et composts de ferme), l’outil propose une fiche descriptive qui précise les processus et les effets attendus sur l’ensemble des indicateurs.

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Les fiches techniques disponibles concernent les pratiques suivantes:

conséquences pour politiques

Quelles conséquences pour les politiques ?

 

Le sol comme enjeu environnemental est abordé différemment dans les pays des équipes partenaires du projet Catch-C. C’est pourquoi, les taux d’adoption des BMPs varient selon les pays.

Recommandations pour les décideurs politiques :

  • Concevoir des politiques visant non seulement la qualité des sols mais aussi la gestion durable des sols,
  • Sensibiliser les acteurs de façon plus conséquente,
  • Prioriser les objectifs selon les enjeux locaux,
  • Définir des objectifs de conservation plus ambitieux,
  • Accroître les incitations pour les innovations techniques et la formation continue,
  • Investir dans la connaissance scientifique pour une meilleure compréhension des services fournis par le sol.

Actuellement, les différentes politiques européennes offrent de nombreuses possibilités pour favoriser la gestion des sols. Cependant, il serait souhaitable d’être plus ambitieux. Les politiques doivent s’appuyer sur des objectifs clairement définis. Si éventuellement, les politiques de gestion des sols s’appuient sur les pratiques conventionnelles des agriculteurs, il est important de prendre en compte les conséquences indésirables pour éviter que les objectifs de la politique ne puissent pas être atteints.

 

Rapport correspondant (en anglais).

 

Communication

Documents disponibles

 

Brochure avec les principaux résultats: Final_brochure_fr

Brochure sur la spécificité française : Final_brochure_partie française

Meeting final à Bruxelles:

 

Tous les documents téléchargeables du projet se trouvent ici.

enquêtes

Que nous disent les agriculteurs ?

 

Pour appréhender les leviers et les barrières liés à l’introduction des BMPs dans les exploitations, nous avons réalisés des interviews et des enquêtes auprès d’agriculteurs dans les vingt-quatre FTZs. Elles ont permis d’analyser la compatibilité entre les systèmes agricoles et les BMPs.

En général, les taux d’adoption varient beaucoup entre les différentes FTZs. Les agriculteurs sont bien conscients des effets positifs des cultures intermédiaires sur la qualité du sol. Par contre au niveau des Techniques Culturales Simplifiées, la perception des bénéfices pour le sol varie à travers l’Europe. Toutefois, d’autres leviers existent et peuvent être importants dans la décision d’adopter une BMP spécifique, tels que les coûts de préparation du sol et le besoin de travail dans le cas des Techniques Culturales Simplifiées.

Les barrières à l’adoption ne dépendent pas seulement de la BMP elle-même. Elles peuvent résulter de façon importante du contexte régional (législation, texture du sol, conditions climatiques, …) et agricole (culture implantée).

Mieux comprendre ces leviers et barrières peut aider les services de développement, les politiques et les chercheurs à élaborer des mesures, permettant d’accroître l’adoption de l’une ou l’autre des BMPs.

 

plus d’info

 

Enquête (suite)

Cette enquête se situe dans une enquête à plus large échelle, menée dans 8 pays européens, auprès d’environ 10.000 agriculteurs, parmi lesquels 2.520 ont répondu. L’idée de l’enquête large est de recueillir l’opinion des agriculteurs sur des techniques de gestion de leurs sols (rotation, mode de travail du sol, gestion des résidus de récoltes, type de fertilisation, mode de gestion de l’eau et des prairies). L’enquête a porté sur 24 types différents, chaque type étant composé d’une zone agro-environnementale et d’un système de production.

Le questionnaire porte sur les attendus des agriculteurs de l’utilisation de gestion des sols, qu’ils les emploient (adoptants) ou pas (non-adoptants), sur des éléments de qualité chimique, physique ou biologique de leurs sols ou leur productivité, mais aussi sur le fonctionnement de l’exploitation, gestion des intrants, protection des cultures (modification des adventices, parasites, ravageurs, induite par la technique), ainsi que sur les aspects financiers (coûts, bénéfices attendus, existence de subventions), et les points de blocages techniques que peuvent rencontrer les agriculteurs. A partir des réponses des agriculteurs, nous avons identifié les leviers et barrières à l’adoption de ces techniques.

 

Trois techniques ont été comparées entre les pays partenaires, non-labour, techniques simplifiées et cultures intermédiaires. Parmi les nombreux résultats, l’originalité de l’enquête porte sur la perception des leviers et barrières différente selon que les agriculteurs mettent en place, ou pas, la technique en question. Ainsi, si certaines barrières et quelques leviers sont communs aux deux groupes, d’autres, plus nombreux, ne sont avancés comme des barrières que par les non-adoptants, ou comme leviers que par les adoptants. Ainsi en Belgique, les exploitations qui mettent en œuvre des techniques culturales simplifiées ont une meilleure perception de leur effet sur la réduction de l’érosion. De la même manière, en Espagne, certains agriculteurs non-adoptants vont mettre en avant des barrières liés au risque de mauvaise utilisation de la technique. Nos résultats montrent enfin que les adoptants se sentent plus stimulés par leur environnement social que les non adoptants, ce qui met bien en évidence le rôle de ce dernier, et surtout, suggère que les adoptants pourraient être de bons référents pour enseigner les techniques à leurs voisins.

 

En France, l’enquête a porté sur des exploitations de grandes cultures en Champagne Berrichonne (sur rendzine) et dans le Lauraguais (sur Cambisol) et des exploitations laitières dans l’est de la Bretagne (sur Cambisol et Luvisol). L’enquête a porté sur trois techniques, l’insertion de cultures intermédiaires pour couvrir les sols en hiver, le non labour et les techniques culturales simplifiées. Le taux de réponse est faible (136 réponses sur 1.200 exploitations contactées), mais nous avons néanmoins obtenu des résultats originaux.

Le premier élément porte sur les différences d’opinions entre adoptants et non-adoptants, relevée dans les autres pays, mais très nette en France, surtout sur le poste des coûts (qui n’a pas été développé dans les autres pays). Ainsi, les exploitants qui mettent en place des cultures intermédiaires considèrent que les surcouts liés aux herbicides sont beaucoup moins élevés que ce que les non-adoptants craignent. Nous avons également trouvé que les agriculteurs (du moins ceux qui nous ont répondu) sont réticents à augmenter les herbicides, indépendamment du coût ou du bénéfice que cela entraine. Pour les techniques culturales simplifiées, les deux groupes tombent d’accord que la technique diminue les coûts de carburants et de fertilisation, et augmente ceux d’herbicides, mais là où les non adoptants craignent une désorganisation du travail, les adoptants rapportent des améliorations en ce domaine.

 

Le second élément porte sur les modifications que l’emploi d’une technique peut induire, notamment sur l’assolement, le matériel employé, l’organisation du travail. Les techniques culturales simplifiées sont choisies dans certaines exploitations explicitement parce qu’elles limitent les pointes de travail. Dans les zones vulnérables, où les cultures intermédiaires sont obligatoires, les exploitations sont incitées à modifier leurs assolements pour éviter les surcoûts qu’elles induisent. Par ailleurs, selon la dépendance de l’agriculteur aux entreprises de travail agricole (pour la moisson surtout), la gestion à long terme de la compaction des sols peut nécessiter d’avoir double équipement, une charrue (et le tracteur puissant qui va avec) pour décompacter els parcelles une fois tous les 4-5 ans, et le matériel spécifique (et le tracteur moins puissant) pour les techniques simplifiées les autres années, ce qui augmente les amortissements. Enfin, contrairement à nos attentes, ce sont plus des problèmes de gestion des adventices ou des parasites des cultures qui sont déterminants dans les choix des agriculteurs que des éléments de coût.

 

Le troisième élément est, à notre surprise, le rôle de l’environnement social dans la décision d’adoption d’une technique. Quasiment tous les agriculteurs nous ont mentionné la réticence de leur environnement vis-à-vis des trois techniques et beaucoup soulèvent le manque de conseil indépendant en la matière. Dit différemment, les agriculteurs qui adoptent ces techniques le font contre l’avis de leurs proches et de leurs conseillers, et en l’absence de données fiables dans leur région sur les conséquences de ces techniques sur leurs sols ou l’environnement. C’est cette demande constante de références qui nous a donné l’idée de construire un outil pour les agriculteurs.

 

Rapport correspondant (en anglais)

Résumé des leviers et barrières (en anglais)

Publications WP3

Pour aller plus loin sur les effets à long terme des pratiques de gestion des sols

 

Expérimentations

Que nous disent les expérimentations de terrain ?

Une vingtaine de BMPs ont été retenues. Elles sont classées dans six groupes. Leurs impacts sur la productivité, la qualité du sol et les émissions des gaz à effet de serre ont été évalués par comparaison avec ceux de pratiques conventionnelles de référence.

Pour cela, une méta-analyse a été réalisée sur 300 expérimentations de long terme en Europe. Ses résultats sont disponibles sous forme d’outil en ligne d’aide à la décision pour les agriculteurs et les conseillers agricoles.

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Les résultats montrent qu’il n’y a pas de « solution miracle » pour atteindre tous les objectifs en même temps. En effet, les BMPs qui accroissent le mieux la productivité ne sont pas les meilleures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ou améliorer la qualité des sols. Les effets des BMPs sont fortement influencés par les conditions locales et se manifestent souvent très lentement. Ainsi, les objectifs et les politiques devraient être priorisés au niveau local et faciliter les décisions de gestion s’inscrivant sur le long terme.

Un panorama des innovations techniques a été entrepris. Ces innovations peuvent aider à surmonter les obstacles et à minimiser les effets non désirés sur les fonctions des sols.

Pour aller plus loin

Typologie

L’érosion, la diminution des teneurs en matières organiques, le tassement et la diminution de la biodiversité des sols sont les principales menaces pesant sur les sols européens. Ces menaces sont souvent liées à des pratiques agricoles inadéquates. Le projet Catch-C a évalué les « meilleures pratiques » agricoles (BMPs) afin d’accroître la productivité, améliorer la qualité des sols et de réduire les émissions des gaz à effet de serre (GHG), y compris le maintien du carbone dans le sol.

Vingt-quatre principales zones d’exploitations-types (FTZs) sont identifiées dans les pays des équipes partenaires du projet. Ces zones sont construites sur la notion d’exploitations-types et les zones agri-environnementales, basées sur des caractéristiques pédo-climatiques.

ftzFigure : Principales FTZs dans les pays des équipes partenaires du projet CATCH-C

Pour aller plus loin, le rapport (en anglais).

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